Il y a 4 mois (le 5 décembre 2025) le village de Yaru Wora a été presqu’intégralement réduit en cendres. Il semble que le feu avait démarré à l’arrière d’une ‘umah’ où deux fillettes s’amusaient avec ces jouets dangereux et normalement interdits aux enfants : les briquets ! Le village était constitué d’une trentaine de capsules protectrices faites de paille et de bambous. Il était l’une des dernières places fortes de l’habitat traditionnel de l’île de Sumba. Pendant plusieurs jours les quelque 300 habitants se sont répartis dans les maisons restantes et dormaient sur les ‘terraces’ (Bale-bale) des voisins qui n’avaient pas été touchés par l’incendie.
Quelques aides d’urgence (principalement des produits alimentaires) furent acheminées par le gouvernement local et complétées par des contributions diverses d’ONG indonésiennes. Pour ma part, je me sentais solidaire de la difficile épreuve à laquelle étaient confrontés mes ami(e)s d’antan : j’avais vécu 2 ans à Yaru Wora (2004, 2005). En sus de mes maigres économies personnelles, j’ai pu mobiliser l’association « De l’eau pour Sumba ». Ses contributions à la reconstruction de Yaru Wora ont été généreuses et rapides.
Après quelques jours de tristesse et d’abattement, la communauté des habitants s’est mobilisée pour reconstruire le village à l’identique de ce qu’il avait été auparavant pour correspondre au mieux à la perpétuation des habitudes et des acquis. En effet, la croyance locale ancestrale, le Marapu, suppose la perpétuation rituelle des us et coutumes des générations précédentes. Cela autant en termes de comportements qu’en aménagement de l’espace privé et communautaire.
C’est à ce titre que j’ai pu obtenir l’adhésion de la communauté à reconstruire à l’identique la ‘maisonnette de l’eau’ un édifice réalisé selon la méthode traditionnelle des pilotis en pierres sèches (les tungku) et rehaussé d’une maison en poutrages qui est habillée de bambous (cing-cong). Le toit est bien entendu en bottes de chaumes de paille (alang-alang).
La construction de la première maison de l’eau avait nécessité plusieurs mois de travail. La reconstruction a été parachevée en seulement 4 semaines ! (voir photographie ci-dessus)


